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Les fanfarons du vice

Mon neveu est un fanfaron du vice. Ce mot sur le futur régent que l’on prête à Louis XIV peut-il s’appliquer à des hommes politiques contemporains qui se sont délibérément exposés par leurs écrits à être accusés de pédophilie ? Daniel Cohn-Bendit à qui l’on a reproché de s’être dépeint sous ce jour, dans un livre écrit il y a une trentaine d’années, s’est défendu en prétendant en substance que son texte n’était fait que pour épater le bourgeois.  Fanfaron de la révolution, en mai 1968, et de la politique aujourd’hui, il ne manque pas de crédibilité en se disant fanfaron de la pédophilie, à l’époque où il n’était plus qu’un obscur pédagogue et où ce moyen de faire parler de soi était beaucoup moins risqué qu’aujourd’hui. 

Frédéric Mitterrand n’est pas un fanfaron. De l’avis de la plupart de ceux qui l’ont vu et entendu s’expliquer sur les affaires de mœurs auxquels son nom est mêlé, en tant que ministre de la culture, en tant qu’auteur ou en tant que témoin de moralité, c’est un émotif. L’émotion ne prouvant ni la sincérité ni le mensonge, on ne saura sans doute jamais si La mauvaise vie, récit présenté comme biographique à sa parution, n’est que le roman scabreux d’un neveu voulant se faire un prénom. Ce qui est remarquable dans cette affaire ce n’est évidemment pas que Frédéric Mitterrand nie la réalité des faits qu’il a décrits, mais :

  • Qu’il récuse le droit à une interprétation littérale à quiconque, au motif que la première lecture télévisée de son texte a été faite par Marine Le Pen. A l’entendre ceux qui soutiennent cette version seraient passibles d’une loi des suspects, à l’instar des victimes de la Terreur de 1793.
  • Qu’il interdise tout rapprochement entre l’homosexualité et la pédophilie, alors que tout le monde convient que la pédophilie chez les hétérosexuels est une perversion de l’attirance pour le sexe opposé.

Ph G

Table ronde avec Christian Vanneste

Christian Vanneste participera le mercredi 21 octobre à 19 heures à une table ronde organisée par la Fondation de service politique, à l’Espace Bernanos, 4 rue du Havre Paris IXe, sur le thème :

“Transgression et mœurs politiques.”  

Fondation de service politique, 83 rue Saint-Dominique 75007 Paris

Mea culpa

J’ai été interrogé par l’express.fr à propos de la polémique soulevée par Marine Le Pen sur le livre écrit, voici quatre ans, par Frédéric Mitterrand, la mauvaise vie. Je me suis contenté de rappeler ma position : le soutien apporté par le Ministre de la Culture à Roman Polanski n’est pas acceptable dans la mesure où il remet en cause une décision de justice touchant un abus sexuel que nous ne cessons de punir avec davantage de sévérité dans notre propre pays. Il a, à mes yeux, plus agi en porte-parole du microcosme médatico-mondain qu’en Ministre de

la République. J’ai ajouté dans ma réponse à l’Express que les écrits ou les comportements de Monsieur Mitterrand en dehors de son rôle de Ministre ne me concernaient pas.J’ai malheureusement lu depuis le livre de Frédéric Mitterrand et je suis atterré. Certes, les penchants évoqués peuvent faire penser à André Gide, mais celui-ci n’a jamais été Ministre. Ce qui me gène davantage dans cet ouvrage, c’est une certaine tendance impénitente au narcissisme (le “fantasme de l’avoir complètement pour moi“) et une conception mercantile et utilitaire des “éphèbes” qui est proprement révoltante (”la profusion de garçons très attrayants et immédiatement disponibles… et je peux enfin choisir…”). Il faut bien reconnaitre qu’une telle conception des rapports avec autrui est assez peu compatible avec la fonction d’un Ministre qui doit consister à servir les autres, et à les considérer avant tout comme des personnes. Frédéric Mitterrand devrait y réfléchir.

Christian Vanneste

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